lundi 2 avril 2007

30. Huston : The Treasure of the Sierra Madre

1001 films de Schneider : The Treasure of the Sierra Madre
Titre français : Le trésor de la Sierra Madre
Film américain réalisé en 1948 par John Huston (1906-1987)
Avec Humphrey Bogart, Walter Huston et Tim Holt.

To be doomed.
Dès les premières images du film, l'on sent la malédiction qui s'est déjà abattue sur le personnage interprété par Bogart. Quoiqu'il fasse, il est destiné à l'échec. Avec sa gueule de pauvre gringo misérable, il entreprend un parcours qui l'entraînera vers les bas-fonds de la psychose paranoïaque, porte ouverte sur sa fin tragique.
Probablement, la plus grande performance de Humphrey Bogart au cinéma mais, malheureusement, ombragée par le jeu extraordinaire de Walter Huston, gagnant de l'Oscar du meilleur acteur de soutien

Cette histoire de chercheurs d'or prend une dimension inattendue du fait qu'elle a été tournée en extérieurs, fait plutôt rare à cette époque où les producteurs d'Hollywood aimaient bien contrôler l'environnement du film. Faire la pluie et le beau temps n'était pas une figure de style.
On sent bien que les acteurs ne retournent pas dans leur caravane climatisée entre chaque scène et qu'il sont à des centaines de kilomètres de tout confort, ce qui ajoute à la crédibilité de leur jeu.
Le film a été tourné au Mexique. Au début, les scènes sont tournées à Tampico.
Fondu sur mon passé : juillet 1970, entassés à 4 dans une Datsun 510 (ancêtre de Nissan) nous avons parcouru la distance Québec-Tampico en 5 jours. 5 jours de canicule insupportable, à dormir dans des motels pourris de l'Oklahoma ou du Texas. En arrivant à Tampico, nous avions trouvé une petite cabine romantique sur la plage où nous prévoyions passer la semaine. C'était sans compter sur la pollution indescriptible des eaux de cette ville, empuantie par ses raffineries de pétrole dont les résidus inondaient les eaux et la plage.
Fin de nos utopies paradisiaques mexicaines. Retour au film.

Toute la partie du film qui concerne l'extraction de l'or a été tournée dans les paysages semi-désertiques de l'état du Michoacan autour de deux villages : San Jose Purua et Jungapeo.
Encore une fois, retour au passé. Deux ans plus tard, 1972. Je suis le coordonnateur d'un programme d'échange avec le Mexique, Jeunesse Canada Monde. Une partie de mon travail consiste à rencontrer régulièrement des membres de cet échange, des jeunes Canadiens de 16 à 19 ans, dispersés dans 3 villages mexicains : Cuanajo au Michoacan, Zoyamazalco dans la région de Puebla et Saladero dans la région de Tampico. Pendant 6 mois, je parcours dans mon jeep VW des milliers de kilomètres à travers les paysages entrevus dans le film Le trésor de la Sierra Madre. Poussière, chaleur, mirages, sécheresse font partie de mon quotidien habité seulement par les chansons de Bob Dylan que je découvre et dont j'allais devenir accroc pour le restant de ma vie. Bob Dylan, nobellisable.
Les Mexicains dans le film? Le record de tous les temps en matière de stéréotypage . Ou bien ils sont des criminels sanguinaires, sans aucune morale, qui se baladent avec leurs balles de fusil en bandoulière ou bien ils sont de pauvres Indiens, imbéciles heureux, d'une naïveté bêtifiante.

Si vous voulez revoir votre cours de réanimation cardio-respiratoire, regardez la scène de réanimation pratiquée par Walter Huston sur un jeune Indien. On comprend pourquoi les Indiens ont dit que la réanimation de l'enfant était un miracle.

A remporté 3 Oscars en 1949 dont celui de meilleur réalisateur à John Huston et celui de meilleur acteur de soutien à Walter Huston, le père du réalisateur et le grand-père de Anjelica Huston.
Évaluation IMDB : 8,5 sur 10 par 20 211 votants.
Au 54ème rang des meilleurs films de tous les temps selon les votants de IMDB
Toutes les informations sur le film sur IMDBVisionné, la première fois, en 1968 à la télévision à Québec
Mon 30ème film visionné des 1001 films de Schneider

3 commentaires:

  1. Revu hier, grand moment.
    A l'époque, les stars comme Bogart savaient encore prendre des risques dans le choix de leurs rôles.

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  2. Comment as-tu pu oublier le magnifique "Gens de Dublin"?

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  3. Je n'ai pas oublié The Dead (Gens de Dublin) qui est mon préféré chez Huston. Mais je ne le verrai qu'en 2007 (mon 564ème film visionné de la liste du livre de Schneider) alors que je n'en suis qu'en 1968!!! Comprenne qui pourra... voir l'en-tête du blogue.

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