lundi 12 février 2007

18. Dreyer : Ordet

1001 films de Schneider : Ordet.
Titre français : La parole

Film danois réalisé en 1955 par Carl Theodor Dreyer (1889-1968)
Avec Henrik Malberg, Emil Hass Christiansen, Birgitte Federspiel, Preben Lerdoff Rye

Film réputé pour avoir présenté la plus fameuse scène de miracle de l'histoire du cinéma.
Comme pour plusieurs de ses films, Dreyer nous entraîne dans un monde où la foi est une problématique quotidienne. Dans ce monde noir et blanc, plus blanc que noir contrairement aux films de l'expressionnisme allemand plus portés sur le noir, la croyance en Dieu est au coeur de la vie des personnages.
Pendant une grande partie du film, on se laisse porter un peu insensiblement par ce scénario à la sauce chrétienne dans un décor nordique épuré. Puis, tout à coup, après le décès de la jeune femme lors de son accouchement, on nous assène cette formidable scène qui nous perturbe, tout non-croyant que nous sommes.
Parlons de cette scène : la jeune femme, étendue dans son cercueil, les mains croisées sur sa robe blanche. Nous voyons son visage en contreplongée, derrière lequel, tout habillé en noir sauf pour la collerette blanche, se trouve, debout, son non-croyant de mari. Près du cercueil, le frère du mari, considéré comme fou à cause de ses délires mystiques. Il demande à la petite fille de la défunte si elle croit qu'il peut ressusciter sa mère. "Oui, mon oncle". Il lui dit alors : "Ta foi est grande. Qu'il soit fait comme tu le veux. Regarde ta mère, quand je prononcerai le nom de Jésus, elle se lèvera." Nous ne voyons d'abord ce miracle de la résurrection que grâce au visage de la petite fille qui se détend et qui se met à sourire : un direct au coeur!
Résurrection miraculeuse ou retour de catalepsie. Dreyer nous laisse le choix et nous abandonne dans cette secousse émotive peu banale.
C'est le seul souvenir que j'ai gardé de ce film après 40 ans. Mais c'est une empreinte indélébile grâce à cette scène finale.
C'était ma période ciné-club de Radio-Canada. Les mardis soir, à 23 heures, commençait le film d'art et d'essai : en noir et blanc, peu ou pas d'intrigue, sous-titrage souvent blanc sur fond blanc (misère!), questionnement existentiel, autrement dit, du gros boulot qui s'étendait parfois jusqu'à 2 heures du matin. Mais, heureusement avec, quelquefois en prime, des scènes érotiques osées, en dehors des standards des films américains qui inondaient nos écrans d'alors.

Festival du film de Venise de 1965 : Lion d'or
Évaluation IMDB : 7,9 sur 10 par 3003 votants
Toutes les informations sur le film sur IMDB
Visionné, la première fois, en 1967, à l'émission du ciné-club de Radio-Canada à Québec
Mon 18ème film visionné des 1001 films de Schneider

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