jeudi 27 décembre 2007

65. Costa-Gavras : Z

1001 films : Z
Dans la liste des 1000 meilleurs films du 20ème siècle


Film franco-algérien réalisé en 1969 par Constantin Costa-Gavras (1933)
Une équipe de production de rêve :
Avec Yves Montand, Irène Papas, Jean-Louis Trintignant, Jacques Perrin, Charles Denner, François Perrier, Bernard Fresson, Pierre Dux, Magali Noël, Renato Salvatori, Marcel Bozzuffi.
Scénario : Jorge Semprun tiré du roman éponyme de Vassilis Vassilikos.
Caméra : Raoul Coutard
Musique : Mikis Theodorakis

Sujet : L'assassinat de Grigoris Lambrakis, député grec.

Grigoris Lambrakis (1913-1963), fut élu au parlement grec en 1961 sous une bannière de gauche. Il a été activement impliqué dans les mouvements pacifistes pour le désarmement nucléaire et pour le démantèlement des bases militaires américaines en Grèce. Sa vie fut souvent menacée à cause de ses déclarations pacifistes. Son assassinat et l'enquête qui s'ensuivit sont fidèlement racontés dans le roman de Vassilikos et le film de Costa-Gavras.
Grigoris Lambrakis, pendant une marche (de Marathon à Athènes) pour la paix, interdite par les autorités, un mois avant son assassinat le 22 mai 1963 à Salonique
Comment évaluer ce film? Ambivalence certaine.
1. Pour. À l'époque, je n'ai eu aucun doute. Film politique majeur qui traite enfin des atteintes aux libertés fondamentales dans les régimes démocratiques. Ce film avait une valeur universelle; ce qui s'était passé en Grèce en 1963 lors de l'assassinat de Grigoris Lambrakis pouvait se passer dans une démocratie près de chez-nous et se passait régulièrement dans nombre de pays d'Amérique latine.
J'avais été secoué émotionnellement par ce film. Je me souviens que, pendant des jours, il fut au cœur de mes conversations et il participa à maintenir ma ferveur dans mes positions politiques : contre les Américains au Vietnam, contre l'impérialisme américain en Amérique latine, pour toutes les luttes syndicales, pour l'indépendance du Québec et, à la limite, pour les moyens violents d'y arriver.
Il y a de ces coincidences troublantes. Pendant que je rédige ce message, j'apprends l'assassinat de l'ex-première ministre du Pakistan, Benazir Bhutto, dans des circonstances qui rappellent l'élimination de Grigoris Lambrakis; c'est-à-dire qu'elle a, probablement, été assassinée par un groupe d'extrême-droite (islamistes fondamentalistes) avec le soutien de certains éléments de l'armée pakistanaise.
2. Contre. Ce qui est agaçant dans ce film qui se veut politique c'est justement qu'il dépolitise cet assassinat en ne s'attardant qu'au strict déroulement de l'enquête judiciaire sans mise en contexte. Cet assassinat a eu des répercussions énormes sur la société civile mais le réalisateur décide d'ignorer tout cet aspect. Il préfère montrer l'histoire de la victoire éphémère des forces du bien (le jeune procureur,Trintignant, le journaliste, Perrin) contre les forces du mal (la police et les militaires).
Ce qui est agaçant également :
Son côté tape-à-l'oeil. Exemple : Perrin et sa superbe Nikon automatique, l'aura-t-on vu celle-là!!!, à croire que Nikon a commandité ce film.
Les "méchants" ont l'air de sortir d'une mauvaise bande dessinée : la scène de l'inculpation des militaires; la scène de l'hôpital où l'on voit un type, une jambe dans le plâtre, se baladant avec un gourdin pour assommer un pauvre type qui a un sac de glace sur la tête. Ces scènes hilares et grotesques sont à contretemps avec la gravité du sujet abordé. Je pourrais multiplier les exemples de ce type de scènes.
Mais basta la critique et passons à cette partie de mes messages qui me passionne plus, celle qui traite d'éléments réels liés à la fiction du film.
On retrouve dans le film le fameux symbole de la paix, le fameux "Peace" qui représentait la lutte pour le désarmement nucléaire. Il devint, par la suite, l'emblème de tout le mouvement de la contreculture de la fin des années 1960.Ce symbole a été élaboré en 1958 par Gerald Holtom, un designer britannique, suite à une commande du CND (Campaign for Nuclear Disarmament) et fut importé aux USA en 1960 par des membres du Student Peace Union qui avait assisté à des manifestations contre des sites nucléaires britanniques.
Le symbole est une combinaison des 2 signaux de sémaphores représentant les lettres N et D, abbréviations de Nuclear Disarmament. La lettre N est formée en tenant deux drapeaux sous la forme d'un V inversé et la lettre D, en tenant un drapeau vers le haut et un drapeau vers le bas.


Citation qui résume bien l'idéologie anti-américaine qui aura tant de belles années devant elle. Le personnage joué par Charles Denner : "Il faut toujours s'en prendre aux Américains même quand on pense avoir tort; eux savent qu'on a raison". Un pastiche d'un certain proverbe arabe (est-ce certain? on me corrigera) connu.
Ah oui! Z signifie "il est vivant" en grec ancien. Lors de la prise du pouvoir par la junte militaire en 1967, on a décrété l'interdiction de la lettre Z dans les lieux publics.

Cannes 1969 : prix du jury à Costa-Gavras, prix du meilleur acteur à Jean-Louis Trintignant
Oscars 1969 : pour le meilleur film étranger, le meilleur montage.
Évaluation Mediafilm : Cote 2. Remarquable
Toutes les informations sur le film sur IMDB
Visionné, la première fois, en janvier 1970 au cinéma Empire à Québec
Dans l'ambiance de Z. Grosse année qui se prépare pour le Québec: premiers élus indépendantistes aux gouvernement du Québec en avril mais, surtout, la Crise d'Octobre : le FLQ frappe fort et le gouvernement fédéral de Pierre Elliott Trudeau suspend certaines libertés civiles en votant la loi sur les mesures de guerre.
Pour moi, fin de ma carrière (2 ans!!, c'est pas sérieux!) d'enseignant au niveau Secondaire et retour aux études en licence de Géographie à l'université Laval de Québec.
Mon 65ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider

dimanche 23 décembre 2007

64. Ford : The Man Who Shot Liberty Valance

1001 films de Schneider : The Man Who Shot Liberty Valance
Titre français : L'homme qui tua Liberty Valance
Dans la liste des 1000 meilleurs films du 20ème siècle

Film américain réalisé en 1962 par John Ford (1894-1973)
Avec John Wayne, James Stewart, Vera Miles et Lee Marvin

Je sais. John Ford est un des plus grands réalisateurs américains. Je sais. The Man Who Shot Liberty Valance est souvent classé dans la liste des 100 meilleurs films. Mais rien n'y fait. Je trouve ce film vieilli et redondant tant par le sujet traité que par sa forme conventionnelle.
Sujet déjà traité par des films tels que High Noon de Fred Zinneman et Mr. Smith Goes to Washington de Frank Capra.
Forme conventionnelle : comment peut-on, en 1962, encore tourner en studio une scène d'attaque de diligence?
Et John Wayne, vieilli, trop vieux pour ce rôle, perdu, dans ce film au verbiage pédagogique.
Un James Stewart, trop vieux pour son rôle de jeune avocat débutant, en train de répéter son rôle pour le film Mr. Smith Goes to Washington, pourtant tourné 23 ans auparavant.
Le contenu pédagogique du film, lourdement souligné, nous ramène pratiquement au cinéma des années 1930.
C'est la fin d'une époque. Les vieux spécialistes du western font leur dernier tour de piste. À l'horizon, Sergio Leone est en train de préparer ses westerns spaghettis : le western ne sera jamais plus le même.
Je n'avais pas encore vu les westerns de Leone qui allaient réhabiliter à mes yeux cette catégorie de cinéma. Mais, à cette époque effervescente sur le plan politique (post-mai 68, arrivée du Parti Québécois à l'assemblée nationale du Québec, crise d'Octobre 1970), pendant laquelle je ne m'intéressais qu'au cinéma à contenu politique, les vieux westerns traditionnels à la Ford-Wayne ne trouvaient aucune grâce à mes yeux. Ils étaient d'une époque révolue.
En 1962, nous sommes, aux USA, au milieu de la grande période de la défense des droits civiques des Noirs. Bob Dylan, Joan Baez, Pete Seger, entre autres, seront de célèbres porte-paroles de cette lutte lors de spectacles et, plus particulièrement, lors du Newport Folk Festival.
John Ford était conscient de ce mouvement en faveur des droits civiques. À un certain moment dans le film, Woody Strode , acteur noir, (voir sa biographie remarquable quant à la lutte contre les barrières raciales) qui interprète le rôle de Pompey dans le film de Ford récite le 1er amendement de la constitution des USA dans lequel il est spécifié que tous les hommes sont égaux. On était loin du compte. À l'époque pendant laquelle se déroule l'action du film (1900-1910), on est loin de l'égalité entre noirs et blancs ou bien, comme on le constate plus loin dans le film lors de la période de votation, entre hommes et femmes. Comme dirait George Orwell, "tous les humains sont égaux mais il y en a certains qui sont plus égaux que d'autres".

Mediafilm.ca : Cote 3. Très bon
Toutes les informations sur le film sur IMDB
Visionné, la première fois, en 1970 à la télévision à Québec
Mon 64ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider

mercredi 12 décembre 2007

63. Whale : Frankenstein

1001 films de Schneider : Frankenstein
Dans la liste des 1000 meilleurs films du 20ème siècle

Film américain réalisé en 1931 par James Whale (1889-1957)
Avec Colin Clive, Mae Clarke, John Boles et Boris Karloff

Trop de placotage, pas assez de monstre. Tout ce qui m'intéressait dans ce film, c'était Frankenstein. La mise en place de l'intrigue sans le monstre est longue, maladroite et pénible.
De plus, il me semble qu'il y a eu une erreur de casting : Colin Clive, 31 ans, aux allures d'agent immobilier, n'a aucune crédibilité en docteur Frankenstein. Quand on sait que Bela Lugosi (Dracula, 1931) avait été approché pour jouer ce rôle, on ne peut que regretter ce rendez-vous manqué entre Dracula et Frankenstein.




Bela Lugosi

Deux scènes valent à elles seules le visionnement de ce film plutôt mal fait :
1. La rencontre émouvante entre le monstre et la petite fille au bord du petit lac.
2. La scène finale où le monstre et son maître périssent dans l'incendie et l'écroulement du moulin. Deux ans plus tard, le gros singe King Kong va s'inspirer de cette scène et la transposer au coeur de New York en s'attaquant à son grand moulin, l'Empire State Building.

On s'imagine que la carrière de Boris Karloff a commencé avec sa personnification de Frankenstein tant sa carrière a été marquée par des rôles de monstre. En fait, il avait déjà joué dans 77 films lorsqu'il fut engagé, à 44 ans, pour personnifier Frankenstein dans le film de Whale.


Boris Karloff

Mediafilm.ca. Cote 3 : Très bon
 Toutes les informations sur le film sur IMDB
Visionné, la première fois, en 1970 à la télévision à Québec
Mon 63ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider

lundi 10 décembre 2007

62. Bergman : L'heure du loup

1001 films de Schneider : Vargtimmen
Titre français : L'heure du loup
Dans la liste des 1000 films du 20ème siècle

Film suédois réalisé en 1968 par Ingmar Bergman (1918-2007)
Avec Max von Sidow (Johann), Liv Ullmann (Alma), Erland Josephson, Georg Rydeberg et Ingrid Thulin.

Bienvenue dans la période la plus noire du cinéma de Bergman.
Un film-cauchemar, un film d'horreur, un film gothique avec des monstres, des démons et des vampires.
Isolé avec sa femme sur une île de la mer du Nord, on assiste à la lente désintégration psychologique d'un artiste-peintre. Sa peur de la nuit et son angoisse face à l'aube qui pourrait ne jamais arriver détruit progressivement tous ses repères avec la réalité. Un monde parallèle s'échafaude; un monde hallucinatoire, cauchemardesque, habité par des aristocrates qui s'avèrent être, finalement, des démons et des monstres : Une schizophrénie en marche.

"L'heure du loup, c'est l'heure où la nuit fait place au jour, c'est l'heure où la plupart des mourants s'éteignent, où notre sommeil est le le plus profond, où nos cauchemars sont les plus réels. C'est l'heure où celui qui n'a pu s'endormir affronte sa plus violente angoisse, où les fantômes et les démons sont au plus fort de leur puissance." Tiré du "pressbook" du film. (Cahiers du Cinéma d'août 1968, numéro 203)
"L'heure du loup" : J'ai toujours beaucoup aimé parler de cette expression lors de conversations qui touchaient aux rapports que nous avons avec la nuit. Elle crée un petit effroi dans le cercle des auditeurs parce qu'elle nous renvoie invariablement aux grandes angoisses qui sommeillent (si je puis utiliser cette expression) en nous.
L'angoisse qui monte chez l'insomniaque qui sent l'aube approchée sans avoir encore fermer l'oeil est une épreuve difficile à soutenir. Elle mène souvent à l'épouvante. Cette épreuve que Bergman a souvent éprouvée au cours de sa vie, il réussit à la traduire parfaitement dans son film.
Mes scènes préférées : les moments qui précèdent l'aube où l'on voit Johan rongé par l'angoisse, au bord de la crise psychotique et Alma qui tente de ne pas sombrer à son tour dans l'abime. Une scène, en particulier, est troublante tant elle est anxiogène : l'éternité que représente le passage d'une minute.

L'acteur Georg Rydeberg, sosie de Bela Lugosi (le plus célèbre vampire de l'histoire du cinéma) incarne à la perfection un vampire.

Dans le numéro des Cahiers du Cinéma d'août 1968, il y a un très long entretien avec Ingmar Bergman autour de L'heure du loup, intitulé La mort à chaque aube. Entre autres choses, il explique sa pratique "déconstructiviste" dont j'ai parlée dans un blog précédent (60. Anderson : If). Il fait remonter cette technique à Un été avec Monika (1953), film-phare pour les futurs cinéastes de la Nouvelle Vague. Il s'agit de créer chez le spectateur une ambivalence : dès qu'il s'identifie à l'action ou aux personnages du film, on le replonge dans sa réalité de spectateur de cinéma en mettant sur l'écran des images ou des sons qui lui montrent qu'on est en train de fabriquer un film. Bergman: "J'ai découvert qu'un film ne souffre absolument pas de ce que l'on brise l'illusion, de ce que l'on contrarie la disposition des gens à se laisser illusionner pour les renvoyer face au cinématographe. C'est excellent de réveiller le public un bon coup, pour ensuite le plonger à nouveau dans le drame. Pour cette même raison, je répète le titre, "L'heure du loup", au milieu du film."
Pas le meilleur film pour s'initier à l'oeuvre de Bergman. Allez voir plutôt du côté de Le septième sceau, Les fraises sauvages ou bien La source. Mais, évidemment, ce qui est le plus passionnant c'est de s'attaquer à l'intégrale Bergman en suivant la progression chronologique de la production.
J'ai déjà deux intégrales Bergman à mon crédit. La première, à jamais tatouée sur mon coeur, a eu lieu au cinéma St-André-des-Arts sur la rue du même nom à Paris à l'automne 1988, lors d'une période sabbatique passée à Paris. La deuxième, plus prosaïquement, chez-moi à Montréal, en format DVD et VHS, à l'automne 2005.

Mediafilm.ca : Cote 2. Remarquable
Toutes les informations sur le film sur I MDB
Visionné, la première fois, le 17 octobre 1969 à la télévision à Québec
Dans l'actualité du Jour : "Saint-Laurent-des-Eaux (Loir-et-Cher, France). Fusion de 50 kg d'uranium lors d'une opération de chargement du réacteur graphite-gaz Saint-Laurent 1 (480 MW). La contamination serait restée limitée au site. Plus d'un an de réparations." En cette période où les grands vilains sont les gaz à effet de serre, ne pas oublier le piège peu médiatisé du nucléaire.
Mon 62ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider

mercredi 5 décembre 2007

61. Welles : Falstaff

1001 films de Schneider : Campanadas a Medianoche
Titre français : Falstaff
Titre anglais : Chimes at Midnight
Dans la liste des 1000 meilleurs films du 20ème siècle

Film espagnol réalisé en 1965 par Orson Welles (1915-1985)
Avec Orson Welles, Jeanne Moreau, Margaret Rutherford, John Gielgud et Marina Vlady

Encore un film introuvable, ni en location, ni en vente.
J'attends une éventuelle projection à la télé ou bien une décision heureuse chez Criterion.
Cannes 1966 : deux prix
Mediafilm.ca. Cote 2. Remarquable
Toutes les informations sur le film sur IMDB
Visionné, la première fois, le 2 octobre 1969 au théâtre L'Estoc à Québec
Mon 61ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider

lundi 3 décembre 2007

60. Anderson : If...

1001 films de Schneider : If...
Dans la liste des 1000 meilleurs films du 20ème siècle


Film anglais réalisé en 1968 par Lyndsay Anderson (1923-1994)
Avec Malcolm McDowell, David Wood, Richard Warwick, Christine Noonan et Robert Swann.

Tourné peu après Mai-68 et les grandes manifestations étudiantes en Occident, If est un des films les plus représentatifs de cette période de bouillonnement contestataire de la jeunesse occidentale. Cette contestation qui semblait être, à son départ, un grand chambardement de la société occidentale, ne devait s'avérer finalement qu'un coup de gueule typique de la crise d'adolescence d'une société en mutation. Bon, d'accord, je simplifie un peu. Mais le parallèle entre le film traitant de la rébellion justifiée d'un petit groupe d'étudiants et cette période de contestation est trop évident pour ne pas céder à la tentation de faire ce raccourci.

À part quelques dérives surréalistes, si appréciées des adolescents, le film est d'un réalisme implacable. Le déroulement chronologique de l'histoire est d'une telle rigueur que la fin nous apparaît comme un ovni provenant d'un film tourné dans les années 1990 dans une quelconque école secondaire américaine (ça c'est un cliché, les USA n'ayant pas l'exclusivité de ces massacres; toujours se souvenir des femmes massacrées le 6 décembre 1989 à l'école Polytechnique de Montréal).
La rébellion attendue des étudiants est d'une telle ampleur que l'horreur qu'elle avait créée chez les spectateurs de l'époque fait plutôt sourire aujourd'hui tant les ficelles de la manipulation du réalisateur sont apparentes. Il voulait créer un émoi dans cette société britannique si conservatrice. Il y a réussi au-delà de toute espérance, le film ayant obtenu le "X certificate", fusée qui fit de ce film un des plus grands succès commerciaux de l'histoire du cinéma britannique. Et, évidemment, on ne pouvait y échapper, il est devenu, de ce fait, un film-culte
Film-culte : valise fourre-tout dans laquelle se retrouvent des films qui ont en commun leur immunité face à la critique. On y trouve du meilleur et du pire (les films de Edward Wood). On en est à 759, rien que cà, sur le site AlloCiné.
On retrouve, comme dans Les petites marguerites, l'alternance entre la couleur et le noir et blanc, apparemment parce qu'il n'y avait plus d'argent (des "on-dit" de critiques) pour acheter de la pellicule couleur avant la fin du tournage mais probablement plus pour se conformer à une certaine tendance populaire à cette époque du cinéma d'art et d'essai qu'on pourrait appeler le déconstructivisme, pleinement illustré dans Persona de Bergman. Il s'agissait de rappeler constamment aux spectateurs le caractère artificiel du cinéma, son aspect "produit industriel" en semant tout au long du film des éléments qui nous rappellent que nous sommes des spectateurs et que nous n'appartenons pas à la réalité du film.
Malgré tout ce que j'ai dit précédemment, j'ai adoré ce film. Ce film traverse le temps d'une manière remarquable si l'on fait exception de certaines séquences, peu nombreuses il faut l'avouer, qui nous rappellent cette période du "pouvoir des fleurs" (plus gnangnan que ça, tu meurs!) où l'onirisme, l'ésotérisme et le surréalisme imprégnaient une grande partie de la production artistique.

Le souvenir que j'en gardais était assez horrible. Le contexte dans lequel je l'ai vu, la première fois, est responsable de cette perception.
Je commençais ma deuxième et dernière année d'enseignement à titre de professeur de Géographie dans une école secondaire (école pour les 12-16 ans) de la région de Québec et j'étais très malheureux. On m'avait confié des classes de Secondaire III (14 ans). Deux semaines, à peine, après le début des classes, j'étais immergé par les problèmes de gestion de classe : indiscipline, violences verbales, confrontations avec certains élèves délinquants; la routine typique de l'enseignement dans une école secondaire, quoi. Les trois délinquants du film d'Anderson me replongeaient dans les affres de ma vie quotidienne. En conséquence, j'ai longtemps gardé une certaine appréhension illogique vis-à-vis les films où l'on retrouvait Malcolm McDowell; et deux ans plus tard, A Clockwork Orange n'allait certainement pas arranger les choses.

Cannes 1969 : Palme d'or
Mediafilm.ca : Cote 2. Remarquable
Toutes les informations sur le film sur IMDB
Visionné, la première fois, le 11 septembre 1969 au cinéma Empire à Québec
Dans l'actualité du jour :
"La projection du film Z du réalisateur français Costa-Gavras a été marquée hier soir par des incidents dans plusieurs salles parisiennes. Des engins fumigènes ont été lancés entraînant l'interruption de la projection dans 4 cinémas." (Journal l'Action, de Québec).
Des groupes de droite ont revendiqué cette action en contrepartie des actions de groupes de gauche qui perturbaient, depuis le début de l'année, la projection du film de John Wayne, Les bérets verts, justifiant l'intervention des USA au Vietnam.
Mon 60ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider

vendredi 30 novembre 2007

59. Chytilova : Les petites marguerites

1001 films de Schneider : Sedmikrasky
Titre français : Les petites marguerites
Titre anglais : Daisies
Dans la liste des 1000 meilleurs films du 20ème siècle

Film tchécoslovaque réalisé en 1966 par Vera Chytilova (1929)
Avec Ivana Karbanova et Jitka Cerhova

Les facéties de deux jeunes idiotes (dixit Chytilova), Marie 1 et Marie 2, qui tentent de comprendre le sens du monde tout en essayant de le subvertir.
Surréaliste, dadaïste, psychédélique (voir photo ci-contre), festif, ce film de la Czeck New Wave est une immense tarte à la crème lancée à la gueule des autorités politiques des pays communistes est-européens. Et pour être certaine que ceux-ci ont bien compris le message, Chytilova leur dédicace le film : "This film is dedicated to those whose sole source of indignation is a messed-up trifle".
Dans la société totalitaire de l'époque en Tchécoslovaquie, un tel film "décadent" et "élitiste" n'avait pas droit de vie, surtout après l'invasion des troupes du Pacte de Varsovie en août 1968. Sa réalisatrice, qui décida de rester malgré tout en Tchécoslovaquie, contrairement à son collègue Milos Forman, fut interdite de travail pendant 8 ans.
Souvent les critiques tombent dans l'hystérie de l'interprétation. Ils cherchent à tout prix à décrypter la volonté du réalisateur. Dans ce film, on a un bon exemple de l'échec de cette obsession. Exemple : Chytilova a utilisé de la pellicule noir et blanc et de la pellicule couleur. Des critiques se sont échinés à nous expliquer la signification de cette pratique, alors qu'il suffisait de demander. Vera Chytilova à Serge Daney des Cahiers du Cinéma en août 1966 : "S'il y a quelques scènes en noir et blanc, au début du film, c'est que nous n'avons pas eu assez de pellicule couleur..." Et voilà l'échafaudage critique à plat sur le plancher.

Évaluation IMDB : 7,3 sur 10 par 2976  votants
Toutes les informations sur le film sur IMDB
Visionné, la première fois, le 26 août 1969 à la télévision à Québec
Mon 59ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider

samedi 24 novembre 2007

58. Camus : Orfeu Negro

1001 films de Schneider : Orfeu negro

Film brésilien réalisé en 1959 par Marcel Camus (1912-1982)
Avec Marpessa Dawn et Breno Mello.

Voulez-vous lire un critique qui assassine un film?
Lisez Godard dans les Cahiers du Cinéma de juillet 1959 (numéro 97) :
"La gentillesse et la sincérité de Marcel Camus ne sont pas en cause. Mais voilà, suffit-il d'être gentil et sincère pour faire un bon film? On ne dirige pas ses comédiens noirs avec les mêmes mots et les mêmes gestes que Jean Boyer dirigeant Line Renaud et Darry Cowl dans une guinguette reconstituée sur les plateaux de Billancourt." Et pan dans la tronche!
Évidemment, ce film ne mérite ni un telle hargne, ni une telle méchanceté. Mais ce qui suit explique probablement une critique si injuste.
Ce film a remporté la Palme d'or du Festival de Cannes de 1959 au détriment du film de Truffaut, Les 400 coups, un des films-phare de la Nouvelle Vague naissante. Le fait que Truffaut reçut deux autres prix à ce même Festival a éteint la grogne qui régnait parmi plusieurs critiques. Le film de Camus, bon enfant, empreint d'exotisme et d'un certain paternalisme, n'est tout simplement pas à la hauteur des films de la jeune garde française. Malgré une excellente facture, il apparaît comme un ovni par rapport à la nouvelle tendance du cinéma français
Luiz Bonfa et Antonion Carlos Jobim, deux des meilleurs compositeurs de sambas afro-brésiliennes (Jobim a composé La fille d'Ipanima) sont les vedettes à part entière de ce film que les critiques brésiliens n'ont pas vraiment apprécié. Ils trouvaient que le film était un ramassis de clichés liés à la vie brésilienne : exotisme de Rio, carnaval endiablé, latinos au sang chaud, les images cartes postales de la baie et du Pain-de-Sucre.
En effet, comment Camus a-t-il pu cacher les favelas et toute la misère des Cariocas (habitants de Rio)? Et son idéologie style "le-bonheur-simple-des-pauvres-gens" n'a plus beaucoup de crédibilité aujourd'hui après toutes ces décennies d'études sur les conditions du sous-développement.
Antonio Carlos Jobim (compositeur de la musique du film), Vinicius de Moraes (rédacteur du scénario), des noms qui seront popularisés, en France, par Pîerre Barouh, par sa chanson Samba Saravah dans le film, Un homme et une femme, de Claude Lelouch.
Encore une fois, un travail extraordinaire de remastérisation du film d'origine par Criterion, notre bouée de sauvetage en Amérique pour ce qui est de la production internationale. Appartenant à la région 1, nous n'avons pas accès en Amérique à toute la production européenne sur DVD (région 2), à cause d'incompatibilité technologique. C'est pour cela qu'il y a des trous dans la liste de commentaires de mes films, parce que je n'ai pas encore accès à ces films. Je travaille à corriger cela.

Cannes 1959 : Palme d'or
Oscars 1960 : Meilleur film étranger
Évaluation Médiafilm.ca : Cote 3. Très bon
Toutes les informations sur le film sur IMDB
Visionné, la première fois, le 9 août 1969 à Québec.
En salle, cette journée-là, à Québec

Il semble que Coplan ait survécu au Miracle de l'amour. Mais le suspense demeure : survivra-til à la 2ème attaque?
Miracle de l'amour : version doublée de Das Wunder der Liebe de Franz Josef Gottlieb. Un documentaire sur l'art du bonheur conjugal!!! Coté 6. Pauvre. Par Mediafilm.ca
Coplan sauve sa peau : un film de Yves Boisset. Surprenant, n'est-ce pas? À sa décharge, c'était son premier long métrage. Avec la présence d'un de mes acteurs fétiches : Klaus Kinski.
Mon 58ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider

jeudi 15 novembre 2007

57. Kubrick : 2001 : A Space Odyssey

1001 films de Schneider : 2001 : A Space Odyssey
Dans la liste des 1000 meilleurs films du 20ème siècle

Film anglais réalisé en 1968 par Stanley Kubrick (1928-1999)
Avec Keir Dullea, Gary Lockwood, William Sylvester et Douglas Rain, la voix de l'ordinateur HAL (Heuristic Algorithmic Computer).
Si vous ajoutez une lettre à chacune des lettres, vous obtenez IBM. Un hasard, paraît-il.

Quarante ans et pas une ride. Je sais, je me répète (voir Rosemary's Baby).
Encore plus que le film de Polanski, ce film est complètement à l'abri du temps.
Une des façons, que j'estime infaillible, de vérifier la modernité de certains films anciens, c'est de les visionner avec ma fille de 16 ans. Il doit réussir à franchir les trois étapes suivantes :
Première étape : elle voit le film au complet.
Deuxième étape : elle est totalement accaparée par le film.
Troisième étape : elle est agacée par mes fréquents commentaires sur le film.
Si ces trois étapes sont franchies, je suis certain que le film a vaincu l'outrage des ans.
Le plus grand film de science-fiction EVER.
Cet extrait d'une critique de Bernard Eisenschitz des Cahiers du cinéma (no. 209, février 1969) explique la phrase précédente : "...l'effet du film est certainement d'endormir le sens critique, de nous plonger dans une euphorie. Le tournoiement des satellites à la musique de J. Strauss provoque un sentiment de confort, de bien-être, culminant dans la précision de l'introduction d'une astronef de forme oblongue dans l'orifice central d'un satellite!!!"
Voir ce film à peine deux semaines après le premier pas sur la Lune de Neil Armstrong nous a complètement dévastés. Le saut de paradigme était trop grand. Nous étions sans voix pour parler de ce film. On voulait tout comprendre alors que tout nous échappait. Arthur C. Clarke a dit à ce propos : "If you understand 2001 completely, we failed. We wanted to raise far more questions than we answered."
Stupeur et tremblements


À la fin du film, alors que nous sommes complètement sous le choc, apparaît cette image que nous voyons par l'entremise des yeux du vieil Homme mourant à son ancien Monde pour laisser la place au nouvel Homme des étoiles.
Revu récemment, la stupeur et les tremblements ont disparu. Le scénario est plus facile à comprendre et le monolithe ne fait plus aussi peur. On se fabrique une métaphore à laquelle l'on croit fermement.
Le monolithe, c'est au choix : Dieu, une découverte technologique majeure qui fait faire un bond à l'humanité, une balise qui montre la direction de l'évolution humaine ou un gros parallépipède noir mis dans le film par Kubrick pour embêter tout le monde pendant des lunes...
Toutes les réponses à vos interrogations soulevées par le film se retrouvent dans le roman, 2001, l'odyssée de l'espace, rédigé parallèlement à la réalisation du film par Arthur C. Clarke.
À lire dans la collection omnibus : Arthur C. Clarke, 2001-3001. Les odyssées de l'espace. On y retrouve la nouvelle à l'origine de la présence du monolithe, La sentinelle, publiée en 1951.
Oscars 1969. Pour les meilleurs effets visuels
Évaluation Mediafilm.ca : Cote 1. Chef-d'oeuvre
Toutes les informations sur le film sur IMDB
Visionné, la première fois, le 7 août 1969 au cinéma de Ste-Foy à Québec
Dans l'actualité du jour : "Le premier équipage américain à se poser sur Mars - dans les années 80 - passera d'un mois à six semaines sur la surface de cette planète" a révélé le Dr. Thomas O. Paine, directeur de la NASA. Paine est décédé depuis 15 ans et pas encore l'ombre d'un astronaute dans le voisinage de Mars. (Journal l'Action, Québec)
Mon 57ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider

mardi 6 novembre 2007

56. Polanski : Rosemary's Baby

1001 films de Schneider : Rosemary's Baby
Dans la liste des 1000 meilleurs films du 20ème siècle


Film américain réalisé en 1968 par Roman Polanski (1933)
Avec Mia Farrow, John Cassavetes, Ruth Gordon et Sidney Blackmer. La voix de Tony Curtis.

Quarante ans et pas une ride.
Le chef-d'oeuvre de Polanski traverse le temps sans coup férir. Le lent montage du complot ou de la paranoïa de Rosemary est toujours aussi efficace. Cette lenteur du scénario qui est souvent le plus grand tort que l'on trouve aux films anciens est, ici, un élément fondateur du film. Sans cette lenteur, pas de complot, ni de paranoïa; ce ne serait qu'un banal thriller.
Dans une entrevue pour les Cahiers du Cinéma de janvier 1969, Polanski nous dit que tout le film est réalisé pour créer l’ambiguïté. "...je ne veux pas que le spectateur pense ceci ou cela : je veux simplement qu'il ne soit sûr de rien. C'est cela le plus intéressant, l'incertitude."
Mais, lorsque, à la fin du film, Rosemary s'approche du berceau, tout de noir décoré, pour enfin prendre contact avec son bébé qu'elle n'a pas encore vu, toute ambiguïté tombe. A tel point, qu'il paraît qu'une grande partie des spectateurs sont certains d'avoir vu le bébé alors qu'il n'apparaît dans aucun plan. J'ai vécu, moi-même, ce trouble de la perception. J'aurais juré, avant de revoir ce film il y a quelques jours, que j'avais vu le bébé avec ses pieds fourchus lors de mon premier visionnement en 1969.
L'art de se mettre les pieds dans les plats.
Était-ce vraiment une bonne idée d'amener ma future conjointe voir ce film moins d'un mois avant notre mariage? Non, pas vraiment. Elle est sortie du cinéma en larmes, complètement perturbée. Des jours à se remettre sur pied. Le coeur n'était plus à la préparation de la noce. Et cette phrase tirée de la publicité du film, "On ne connaît jamais vraiment ceux qui nous entourent", n'allait pas arranger les choses.
Il y a de ces hasards qui vous jetteraient dans les bras du premier couple de Témoins de Jehovah à se présenter à votre porte. Nous avons reçu en cadeau de noces l'ensemble de vaisselle Sherwood de Denby/Langlay. Évidemment, ça ne vous dit rien. Mais moi, si. Pendant des années, j'ai mangé dans le même modèle d'assiette que l'on retrouve à la table de Rosemary en voyant le gros plan du couteau de Rosemary tranchant un morceau de foie de veau sanguinolent sur cette assiette. Dur!!!

Le Dakota : Le film a été tourné dans un studio de Hollywood mais les vues extérieures proviennent de ce célèbre immeuble situé en face de Central Park à New York.


John Lennon fut assassiné devant cet immeuble où il résidait avec Yoko Ono le 8 décembre 1980. J'ai appris cette nouvelle à la sortie d'un concert donné par Diane Dufresne à l'ancien Forum de Montréal.
Immeuble qui a hébergé un tas de célébrités : Lauren Bacall, José Ferrer, Judy Garland, Boris Karloff, Rex Reed, Leonard Bernstein, Charles Henri Ford et Rudolf Nureyev.

NON!!! PAS UN ROSEMARY'S BABY II!!! Look What's Happened to Rosemary's Baby  réalisé pour la télévision en 1976 par Sam O'Steen est, paraît-il, "total garbage" : un four... une fournaise où périront tous les profanateurs du chef-d'oeuvre de Polanski.

Oscars 1969 : statuette pour l'actrice de soutien à pour Ruth Gordon, 72 ans, qui sera l'interprète de Maud dans le célèbre film Harold and Maud.
Mediafilm.ca : Cote 2. Remarquable
Toutes les informations sur le film sur IMDB
Visionné, la première fois, le 3 août 1969 au cinéma Capitole à Québec
Mon 56ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider

mercredi 17 octobre 2007

55. Hitchcock : The Wrong Man

1001 films de Schneider : The Wrong Man
Titre français : Le faux coupable
Dans la liste des 1000 meilleurs films du 20ème siècle

Film américain réalisé en 1956 par Alfred Hitchcock
Avec Henry Fonda (Manny Balestrero), Vera Miles, Anthony Quayle et Harold J. Stone

En deux mots. L'histoire d'un contrebassiste new-yorkais, Manny Balestrero, injustement accusé de vols suite à une accumulation de fausses identifications par des témoins peu compatissants. On assiste à sa descente aux enfers ainsi qu'à celle de sa femme qui se retrouvera en hôpital psychiatrique.
Finalement, par pur hasard, pendant un procès perdu d'avance, le vrai coupable est arrêté.
"In 1953, New York City musician Christopher Emmanuel "Manny" Balestrero was acquitted of a robbery charge that had been based on three mistaken IDs. The real robber, once police found him, strongly resembled Balestrero."
Article sur les erreurs des identifications en ligne. USA Today. 26 novembre 2002.


"Balestrero à la compagnie d'assurance : encore innocent et déjà derrière les barreaux."
Jean-Luc Godard. Cahiers du cinéma. Juin 1957. Numéro 72. Critique du film The Wrong Man.
Godard, critique de cinéma : incontournable. Je vous recommande de lire cet article. En allant sur le site des Cahiers du cinéma, vous pourrez, moyennant 2 euros, avoir accès à cet article. Je sais deux euros pour une critique qui a 50 ans d'âge, ça peut paraître aberrant. Mais c'est Godard et 50 ans d'âge pour une telle critique c'est aussi savoureux que 50 ans d'âge pour un porto.
De fait les 70 000 pages des 620 numéros des Cahiers du cinéma sont accessibles en ligne moyennant 1 ou 2 euros par article.
C'est à peu près à l'époque du visionnement de ce film, printemps 1969, que j'ai commencé à acheter les Cahiers du Cinéma et à me procurer les anciens numéros.
Mon premier numéro :
Juin 1969. Numéro 213. 6 francs (nouveau, si ça dit encore quelque chose à quelqu'un).
Sur la couverture : Anne Wiazemsky (petite-fille de François Mauriac et ex-épouse de Jean-Luc Godard) et Carmelo Bene dans Capricci de ce dernier. Toujours disponible pour 5,40 euros.
J'ai acheté tous les numéros jusqu'au 400ème et je me suis procuré les 14 volumes des fac-similés de ce que l'on appelle les Cahiers jaunes (les 161 premiers numéros qui couvrent la période d'avril 1951 à décembre 1964).
Évaluation Mediafilm.ca : Cote 5 Moyen
Toutes les informations sur le film sur IMDB
Visionné, la première fois, le 6 juin 1969 à la télévision à Québec
Mon 55ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider

mercredi 10 octobre 2007

54. Capra : Mr. Deeds Goes to Town

1001 films  : Mr. Deeds Goes to Town

Film américain réalisé en 1936 par Frank Capra (1897-1991)
Avec Gary Cooper (Longellow Deeds), Jean Arthur, George Bancroft et Lionel Stander

Transposition pour adultes de la bande dessinée de Disney, Le rat des champs et le rat des villes.
Le grand poète de la campagne (Longfellow Deeds), du Vermont, je crois, au coeur sensible et tellement authentique qui débarque dans le monstre froid, impersonnel et malfaisant de la grande ville, New York. Après 10 minutes de celluloid, tout était joué. Le coeur allait gagner sur la raison. Et vive les topinambours!!
Certaines scènes valent à elles seules le film :
Gary Cooper qui accompagne au tuba Jean Arthur qui tambourine Swanee River sur un banc de Central Park.
La lecture du poème de Deeds dans lequel il fait sa demande en mariage à Arthur. Sniff!
L'inévitable procès qui dure une éternité brise toute la dynamique du film. Les scènes de tribunal, longues et laborieuses, quoique à certains moments assez drôles, nous mèneront à la conclusion que nous connaissions depuis le tout début du procès : la victoire du rat des champs.
Gary Cooper, dans les scènes du procès, est complètement à côté de ses pompes. On voit très bien que les plans de Cooper ont été tournés ailleurs tant ses mimiques sont inappropriées ou grotesques.
Il m'arrive quelquefois d'être totalement injuste avec un film en ignorant son contexte historique. C'est le cas ici. Je suis incapable de me dégager de la fournée de stéréotypes servie par cette histoire. Qu'il ait plus de 70 ans, n'y fait rien.
Cette attitude est peut-être induite par ma présente lecture du livre de Al Gore, Une vérité qui dérange ou serait-ce plutôt une vérité qui dérape. Ce document est tellement farci de clichés et de bons sentiments "écolo-ma-pauvre-planète-qui-meurt" et d'erreurs grossières que j'enrage. Al Gore, le Longfellow Deeds de l'environnement, discrédite une lutte écologique incontournable par sa niaiserie éditoriale. Et le film qui a gagné des tas de prix dont le Oscar 2006 pour le meilleur documentaire : Good Grief comme dirait Charlie Brown.

Oscars 1937 : statuette pour la meilleure réalisation à Frank Capra
Venise 1936 : Prix spécial à Frank Capra
Évaluation IMDB : 8 sur 10 par 9577 votants
Toutes les informations sur le film sur IMDB
Visionné, la première fois, en mai 1969 à la télévision à Québec
Mon 54ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider

lundi 8 octobre 2007

53. Tati : Mon oncle

1001 films : Mon oncle
Dans la liste des 1000 meilleurs films du 20ème siècle

Film français réalisé en 1958 par Jacques Tati (1907-1982)
Avec Jacques Tati, Jean-Pierre Zola et Adrienne Servantie

1958. Paris est en pleine révolution urbaine. En même temps qu'on construit des milliers de logements sociaux autour de la capitale dans les espaces qu'on appelle la "zone", on démolit certains quartiers populaires inadéquats à l'habitat tel le 13ème arrondissement autour de la Place d'Italie. Rénovation et démolition des quartiers anciens expulsent vers la banlieue des dizaines de milliers de prolétaires pour faire place à l'arrivée de classes sociales plus nanties.
À peu près au moment où j'ai vu Mon oncle pour la première fois je commençais à me passionner pour la question urbaine, je souhaitais faire une maîtrise en urbanisme dès la fin de mon baccalauréat en Géographie à l'Université Laval. La lecture d'un livre de Paul-Henri Chombart de Lauwe, Des hommes et des villes, paru en 1965, m'avait profondément marqué. Dans ce bouquin il décrit le délabrement de l'habitat dans le 13ème arrondissement de Paris dans les années 50. Mais, ce qui m'avait particulièrement touché, c'était la description de cet univers villageois au coeur d'une des plus grandes métropoles du monde.
En revoyant Mon oncle, j'ai l'impression de replonger dans l'univers décrit par Chombart de Lauwe (1913-1998), l'un des plus grands anthropologues urbains du 20ème siècle et le précurseur de la sociologie urbaine en France.
Par ailleurs, je ne me suis jamais inscrit en urbanisme. En lieu et place, je partis travailler pour Jeunesse Canada Monde (organisme canadien qui a créé un programme d'échanges entre des jeunes Canadiens et des jeunes provenant de pays du tiers monde) à titre de coordonnateur de l'échange avec le Mexique. C'était en septembre 1972.
On ne peut revoir ce film qu'avec un regard attendri. Cette opposition entre la modernité source de conformisme et de rigidité émotionnelle et la tradition, source d'humanité et de convivialité fait sourire. Ce combat, sans cesse recommencé et sans cesse perdu par la tradition, est sur-caricaturé dans le film de Tati. Entre le début où les crédits du film sont présentés comme les panneaux que l'on retrouve près des édifices en construction (idée géniale reprise par Coppola dans Apocalyse Now) et la fin où l'on voit les démolisseurs s'attaquer aux bâtiments anciens, Tati trace à gros traits l'opposition entre la banlieue et le quartier ancien.
Mais, 50 ans plus tard, sa conclusion pessimiste ne s'est pas réalisée. Il faut dire que le développement urbain a toujours été une fantastique fabrique de pronostics apocalyptiques à propos de l'écrasement de l'homme sous la dictature de la modernité.
Les quartiers anciens sont de plus en plus recherchés. La plus-value immobilière de ces quartiers confirme ce nouvel engouement. Il va sans dire que la discrimination socioéconomique exercée par cette plus-value a complètement changer le contenu sociologique de ces quartiers. On appelle ce phénomène, la gentrification. Le plus bel exemple montréalais de cette action : le quartier du Plateau Mont-Royal. Pratiquement, tout le Paris intra-muros, à l'exception des "beaux quartiers" est un exemple de gentrification.
Monsieur Hulot c'est le grand-père de Monsieur Bean. En effet, Hulot est un vrai anglais : grand, déginguandé, imperméable, pipe, parapluie et chapeau. Son extrême politesse et sa froideur émotionnelle le ferait sortir directement d'un Chapeau melon et bottes de cuir loufoque. Je ne sais pas si Roman Atkinson a jamais reconnu cette dette mais elle est indubitable. C'est presque du plagiat.
L'abus du thème musical me tombe royalement sur les nerfs. Plus capable. Ce Franck Barcellini n'a fait la musique que de trois autres films dont le célèbre et émouvant Couche-moi dans le sable et fais jaillir ton pétrole !!!!!!!
Ironie de la chose : Ce beau petit quartier urbain si idéalisé dans le film n'est, en fait, qu'un décor. Le film a été tourné dans les studios de la Victorine à Nice. Studio célébré dans le film
La nuit américaine de François Truffaut.
Un des grands plaisirs que j'ai à refaire le chemin des films de ma vie
c'est, pour chacun des films "blogués" (eurk!), de retourner fouiller
dans ma collection des Cahiers du cinéma afin d'y retrouver les
critiques de l'époque. Pour Mon oncle, je plonge dans ma
collection des Cahiers jaunes réédités : les numéros 65, 82 (photo) et 84.

Cannes 1958 : Prix spécial du jury pour Jacques Tati
Oscars 1959 : une statuette pour le meilleur film étranger
Évaluation IMDB : 7,7 sur 10 pour 7702 votants
Toutes les informations sur le film sur IMBD
Visionné, la première fois, en mars 1969 au cinéma à Québec
Mon 53ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider

vendredi 5 octobre 2007

52. Ophuls : Lola Montès

1001 films : Lola Montès
Dans la liste des 1000 meilleurs films du 20ème siècle

Film franco-allemand réalisé en 1955 par Max Ophuls (1902-1957)
Avec Martine Carol, Peter Ustinov, Anton Walbrook, Oskar Werner et Paulette Dubost.

"Max Ophuls reste imperméable aux modes et aux tendances. La guerre, la bombe atomique, la misère le concernent comme homme mais non comme artiste. Il est le cinéaste du dix-neuvième siècle. Sans doute est-il le seul cinéaste à se sentir plus à l'aise en dirigeant un film à costumes."
François Truffaut, Les Cahiers du cinéma, numéro 55, janvier 1956. Par ailleurs, Truffaut, plutôt indifférent à l'histoire racontée, est complètement estomaqué par la maîtrise et l'innovation du traitement cinématographique. Sur ce plan, il compare ce film à Citizen Kane, rien de moins.
Voilà, Frank Truf résume bien mon point de vue. Cette histoire de viennoiseries galantes me laisse totalement indifférent. Faux, ça m'ennuie au plus au point.
Qui peut croire qu'un roi (Louis de Bavière) ait risqué son royaume pour Martine Carol. Martine Carol que le réalisateur évite de nous montrer en gros plan. À peine un plan rapproché vers la fin du film. Comme si, lui aussi, ne pouvait l'imaginer en femme fatale, destructrice d'empire.
Pauvre Martine Carol qui allait tomber en disgrâce auprès du public français qui n'aurait d'yeux (quel euphémisme!) dorénavant que pour la nouvelle sex-symbol, Brigitte Bardot.
Paradoxe intéressant : les critiques des Cahiers du Cinéma sont tombés en pamoison devant ce film qui pourtant allait marquer la fin d'un certain cinéma français entiché de scénarios bâtis sur des personnages ou des événements historiques. Dans quelques années, ces mêmes critiques allaient tourner le dos à ce type de cinéma et fonder la Nouvelle Vague : révolution des contenus et de la forme.
Marie-Dolorès Gilbert, dite " Lola Montès " (Iristown, Irlande, 23 juin 1818 - New York, États-Unis, 17 janvier 1861)

Paulette Dubost, née en 1910.
1931 : Premier film. Un coup de téléphone de Georges Lacombe.
2007 : Son 198ème et dernier film. Curriculum de Alexandre Moix.
Une carrière de 76 ans et ce n'est pas fini. (Décédée en 2011)


Oskar Werner (1922-1984) : à jamais le Jules de Jules et Jim de François Truffaut. Mais aussi un pompier incendiaire dans Fahrenheit 451 du même Truffaut. Par ailleurs, mystérieusement, petite carrière d'à peine 26 films qui s'arrête 8 ans avant son décès.




Évaluation IMDB
: 7,3 sur 10  par 2060 votants
Toutes les informations sur le film sur IMDB
Visionné, la première fois, en mars 1969 à la télévision à Québec
Mon 52ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider

vendredi 14 septembre 2007

51. Antonioni : La nuit

1001 films : La notte
Titre français : La nuit
Dans la liste des 1000 meilleurs films du 20ème siècle

Film italien réalisé en 1961 par Michelangelo Antonioni (1912-2007)
Avec Marcello Mastroianni, Jeanne Moreau (Lidia) et Monica Vitti

Deuxième film de la trilogie : L'Avventura-la Notte-l'Eclisse.
Douze heures dans la vie d'un couple.
Le décès d'un ami commun (fut-il jadis l'amant de l'épouse?, une scène à la sortie de l'hôpital où elle vient de le voir en train de mourir peut justifier une telle hypothèse) déclenche chez Lidia un choc émotif qui ébranle toutes ses certitudes. Elle part à la dérive dans les rues et les terrains vagues de Milan. Des heures à mettre à l'épreuve sa sensualité retrouvée. On a l'impression qu'elle émerge d'une longue nuit catatonique. Cette dérive remettra en question sa relation avec son écrivain de mari.
Après une longue nuit de chassés-croisés dans une réception pour millionnaires milanais, elle reviendra au port conjugal, désabusée et résignée mais peut-être prête à renaître à nouveau dans ce couple qui, malgré tout, résiste.
Je n'ai vu nulle part dans les critiques de ce film cette ouverture optimiste. Mais je persiste : à la fin de la nuit, l'aube ne se lève pas sur le désastre de ce couple. On a plutôt l'impression que la vie du couple reprendra son cours avec ses routines et ses drames, ses compromis et ses complicités gratifiantes après cette parenthèse où le couple a tenté le diable de la passion.
Je ne me souviens plus pourquoi j'avais beaucoup aimé ce film à cette époque. Moi qui me préparais à me marier pour une première fois, j'avais dû être secoué par la violence de cette crise du couple. Cette femme en crise existentielle étouffant dans cette vie sans émotions m'émouvait au plus haut point. Jeanne Moreau-Lidia imperturbable dans sa course vers sa vérité : magistrale.
En effet, aucun mot sur le mari interprété par Mastroianni. Un homme de verre, indicible.

Berlin 1961 : Ours d'or au réalisateur
Évaluation IMDB : 7,8 sur 10 par 5602 votants
Toutes les informations sur le film sur IMDB
Visionné la première fois, en février 1969 au cinéma à Québec
Mon 51ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider

lundi 10 septembre 2007

50. Delvaux : L'homme au crâne rasé

1001 films de Schneider : De man die zign haar kort liet knippen
Titre français : L'homme au crâne rasé


Film belge réalisé en 1965 par André Delvaux (1926-2002)
Avec Senne Rouffaer, Beata Tyszkiewicz, Hector Camerlynck.

Introuvable pour le moment au Québec.
Tout ce que je me rappelle de ce film c'est son univers onirique. Je me souviens que je n'avais rien compris de ce film à l'époque.

Une des parties les plus intéressantes dans ce concept des 1001 films, c'est de revoir un film jamais revu depuis plus de 30 ans. L'écart dans ma perception du film est souvent effarante. En fait, je découvre souvent un film que je n'avais pas vraiment vu à l'époque.

Évaluation IMDB : 6,9 sur 10 par 326 votants.
Toutes les informations sur le film sur IMDB
Visionné, la premìère fois, en 1969 au cinéma à Québec
Mon 50ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider

49. Bunuel : Viridiana

1001 films de Schneider : Viridiana
Dans la liste des 1000 meilleurs films du 20ème siècle

Film espagnol réalisé en 1961 par Luis Bunuel (1900-1983)
Avec Silvia Pinal (101 films), Francisco Rabal (215 films) et Fernando Rey (237 films).

Premier film tourné en Espagne par Bunuel depuis son exil au Mexique en 1936. C'est-à-dire depuis Los Olvidados (attention chef-d'oeuvre), le premier d'une série de 16 films tournés en dehors de l'Espagne.
Ce film fut une bombe chez Franco-la-Muerte (chanson de Léo Ferré) qui a dû amèrement regretté d'avoir invité Bunuel à sortir de son exil. Résultat : film banni en Espagne jusqu'à la mort de Franco en 1975, condamné par le Vatican mais Palme d'or au Festival de Cannes de 1961.

Un extrait d'un article de Jean Douchet dans les Cahiers du Cinéma numéro 120 de Juin 1961 : "Jamais le blasphème contre la religion et les tabous sexuels n'ont été poussés aussi loin. Il y a même certaines images qui, réalisées par d'autres, passeraient pour de la pornographie....un climat de démence érotique absolument incroyable."
C'est ce que je me rappelais de ce film, plus particulièrement de la scène du viol qui m'avait bien impressionné. Mais, revu aujourd'hui, en 2007, tout cela paraît bien innocent et cette critique nous fait bien sourire par son incongruence avec la morale actuelle des sociétés occidentales.
Mais ne boudons pas notre plaisir. Viridiana est, même à nos yeux actuels, une bombe érotique. La première moitié du film est un festival pour fétichiste en herbe. Bunuel, comme à son habitude, nous inonde de plans de pieds, de jambes et de cuisses. De plus, le masochisme mystique de soeur Viridiana et le travestisme de son oncle croulant sous ses pulsions sexuelles et résistant difficilement à abuser de sa nièce font de cette première moitié du film un des passages les plus intensément érotiques de l'oeuvre de Bunuel.
Le personnage de Belle-de-Jour est en gestation dans celui de Viridiana. On voit déjà Catherine Deneuve apparaître sous les traits de Silvia Pinal. Même chevelure blonde, même froideur, mêmes pulsions masochistes. Le film Belle de Jour est la suite de la première moitié de Viridiana.

Scène inoubliable par son côté profanateur : Sous l'air de l'Alleluia du Messie de Haendel, une bande de clochards et de petits truands, abusant de l'hospitalité de leur bienfaitrice Viridiana, reproduisent la Dernière scène de Léonardo Da Vinci dans le décor dévasté du château de son oncle. Un grandiose pied-de-nez de Bunuel à l'oligarchie catholique espagnole qu'il a toujours abhorrée.

Cannes 1961: Palme d'or.
Évaluation IMDB : 8,2 sur 10 par 8586 votants.
Toutes les informations sur le film sur IMDB
Visionné, la première fois, en 1969 à la télévision à Québec
Mon 49ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider

jeudi 6 septembre 2007

48. Bunuel : La jeune fille

1001 films de Schneider : La Joven
Titre français : La jeune fille
Film mexicain réalisé en 1960 par Luis Bunuel (1900-1983)
Avec Zachary Scott, Bernie Hamilton, Key Meersman, Crahan Denton et Claudio Brook .

D'après un roman de Peter Matthiessen, Traveling Man. Reconnu surtout pour son récit Le Léopard des Neiges tiré de son expédition dans la région du Dolpo au Népal, à la recherche du mythique animal.
1960. Un Noir, o.k., un Afro-américain (en français, c'est horrible). Accusé injustement du viol d'une Blanche, o.k., une Caucasienne (!!!), pour éviter d'être lynché, se réfugie sur une île près de la côte de la Louisiane (d'après l'écosystème, en fait filmé près d'Acapulco au Mexique). Il n'y a que deux personnes sur cette île : un garde-chasse et sa servante, une jeune fille de 13 ans.
Une violente confrontation raciale s'ensuit dans laquelle le Noir qui, contrairement aux films de l'époque, en impose au raciste blanc qu'il traite de "white trash" à chaque fois que l'autre le traite de "nigger" (n'écrivez pas ce mot sur IMDB, on le remplacera par BEEP), mot horriblement dépréciatif même s'il est revenu à la mode chez les rappers blacks (ça passe mieux en anglais) d'aujourd'hui. En 1960, le terme acceptée était "colored people".
En parallèle avec ce drame racial, on assiste à la montée de la pulsion sexuelle du garde-chasse vis-à-vis sa petite servante qu'il trouve de plus en plus sexuellement irrésistible. Par de nombreux plans hautement érotiques et fétichistes (souliers à talons aiguilles, jambes nues dans la douche), Bunuel entretient cette tension sexuelle.
Comment Bunuel conciliera ces deux drames? Par un dénouement à la moralité plutôt tordue. Un curé, venu sur l'île pour ramener la jeune fille sur la terre ferme, propose au garde-chasse de fermer les yeux sur ses abus sexuels en échange de la libération du Noir qu'il avait fait prisonnier entre-temps.
Pour un féroce anticlérical comme moi, j'adorais ces situations bunuéliennes dans lesquelles les curés s'en sortaient avec la honte au front et la queue entre les deux jambes comme on dit par chez-nous.
Une superbe chanson au début du film, la seule musique du film d'alleurs : Sinner Man chantée par Leon Bibb, un folksinger des années 50.



Photographie que l'on retrouve sur la nouvelle édition en dvd du film La Joven.
Comparez avec la photo du haut.
On a "photoshoppé" (non, c'est pas vraiment une bonne idée cette francisation) la photo originale pour la rendre plus glamour.





Cannes 1960 : Mention spéciale pour Luis Bunuel
Évaluation IMDB : 7,6 sur 10 par 1152 votants
Toutes les informations sur le film sur IMDB
Visionné, la première fois, en 1969 à la télévision à Québec
Mon 48ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider

mercredi 15 août 2007

47. Lean : Lawrence of Arabia

1001 films de Schneider : Lawrence of Arabia
Titre français : Laurence d'Arabia
Dans la liste des 1000 meilleurs films du 20ème siècle

Film anglais réalisé en 1962 par David Lean (1909-1991)
Avec Peter O'Toole, Alec Guinness, Anthony Quinn, Jack Hawkins, Omar Sharif, Jose Ferrer.

Trois heures et 36 minutes de pures délices.
Cette superproduction qui ne doit se voir qu'au cinéma surpasse tout ce qui s'est fait avant elle. Les Dix commandements, Ben-Hur et autre Cleopatra sont laissés sur les "starting-blocks" de l'insignifiance. De grandes productions techniques mais aux contenus tellement faibles. Lawrence of Arabia associe, pour une première fois peut-être depuis Intolerance de D.W. Griffith, mégaproduction technique et richesse du contenu.
Pas d'intrigue, pas d'histoire d'amour, aucun personnage féminin, le désert à perte de vue : les ingrédients d'une réussite étaient totalement absents au départ. Pourtant, ça marche. Personne ne reste indifférent devant cette oeuvre épique, du moins, devant un écran de cinéma. Par contre, devant un écran de télé, ça risque, pour une grande partie des spectateurs, d'être le soporifique le plus cher de l'histoire du cinéma.
Roger Ebert du Chicago Sun-Times : "...to get the feeling of Lean's masterpiece you need to somehow, somewhere, see it in 70mm on a big screen. This experience is on the short list of things that must be done during the lifetime of every lover of film." 2 septembre 2001.
Peter O'Toole, qui ne sort de nulle part lorsqu'il est sélectionné par David Lean pour le rôle-titre, interprète le rôle qui lui restera collé à la peau tout au long de sa carrière. À jamais Lawrence-aux-yeux bleus.
Sans qu'il en soit fait mention explicite dans le film, on perçoit bien l'homosexualité de Lawrence. La beauté du visage maquillé de Peter O'Toole a fait dire à certains qu'on devrait reviser le titre du film : Florence d'Arabie. Pourquoi pas tout simplement Laurence d'Arabie.
Oscar 1963. 7 statuettes : film, réalisateur, direction artistique, photographie, montage, musique et son.
Évaluation IMDB : 8,5 sur 10 par 101 948 votants
Au 64ème rang des meilleurs films de tous les temps selon IMDB
Toutes les informations sur le film sur IMDB
Visionné, la première fois, en 1969 au cinéma à Québec
Revu en version intégrale, rallongée de 35 minutes, en 1989 au cinéma à Montréal

Mon 47ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider

vendredi 10 août 2007

46. Fellini : Huit et demi

1001 films de Schneider : Otto e mezzo
Titre français : Huit et demi
Dans la liste des 1000 meilleurs films du 20ème siècle.

Film italien réalisé en 1963 par Federico Fellini (1920-1993)
Avec Marcello Mastroianni, Claudia Cardinale, Anouk Aimée, Sandra Milo, Rossella Falk et Barbara Steele

D'abord, réglons la sempiternelle question du titre. Lorsque le producteur demande à Fellini d'intituler son prochain film, celui-ci fait un petit calcul de sa production cinématographique et il dit : Huit et demi. Ce sera mon 8,5ème film. Plus prosaïque que ça, tu meurs, comme on disait déjà dans les années 1960.
Soyons sans pitié statistique pour Fellini. Une belle occasion de faire la liste des films de Fellini jusqu'à Huit et demi.
0,5. Lucia del varietà (1950) en collaboration avec Alberto Lattuada
1,5. Lo sceicco bianco (1952)
2,5. I Vitelloni (1953)
2,64. L'amore in città (1953) un sketch parmi 7, les autres étant réalisés par Antonioni, Lattuada, Lizzani, Maselli, Risi et Zavattini.
3,64. La strada (1954)
4,64. Il bidone (1955)
5,64. Le notti di Cabiria (1957)
6,64. La dolce vita (1960)
6,89. Boccaccio '70 (1962) un sketch parmi 4, les autres étant réalisés par De Sica, Monicelli et Visconti.
Donc, statistiquement parlant, ce titre-là ne tient pas la route. Non plus 8,5 mais plutôt 7,89. Bon, voilà, c'est un peu stupide ce petit jeu, mais c'est amusant.
Mais en fait, on s'en fout. Ce qui est important dans ce titre c'est la demi : symbole de l'incomplet, de l'inachevé qui est tout le propos de cette oeuvre de Fellini.
En 1963, Fellini a le syndrome de la page blanche. Sous la pression de son producteur, il laisse la machine du cinéma se mettre en marche pour se rendre compte qu'il n'est pas du tout prêt à réaliser une autre oeuvre. Le blanc total.
C'est alors que la magie se produit. Il décide de faire un film sur un réalisateur de 43 ans (l'âge de Fellini), en plein "midlife crisis", qui est en panne sèche et ne sait plus quoi faire de tous ces outils qu'on a mis à sa disposition : actrices, figurants, décors exorbitants et toute la machinerie de Cinecittà.
Ceci produit un des plus grands films jamais faits sur le cinéma, quoique, je lui préfère, même s'il est en mode mineur par rapport à Huit et demi, La nuit américaine de François Truffaut, retenu dans la liste des 1001 films de Schneider et que je verrai à Madrid à l'automne de 1973.
J'ai revu ce film plusieurs fois avec toujours beaucoup de plaisir et une même indéfinissable mélancolie qui restera toujours attachée à François Truffaut. Je n'ai pas éprouvé les mêmes sentiments en revoyant Huit et demi, 38 ans plus tard. Je dois même avouer avoir été complètement agacé par le visionnement de la version originale sous-titrée en anglais. C'est 2h20 minutes d'une course effrénée à la lecture des sous-titres au détriment de la lecture de l'image. Ce film est une telle logorrhée!!!
Bon, d'accord, je suis assez rébarbatif à Fellini, sauf pour sa période des années 1950; onirisme et ésotérisme, ce qui sont le pain et le beurre de Fellini, ne furent jamais ma "tasse de thé", pour rester au niveau gastronomique.
Fait cocasse. En 1967, Fellini réalisera, dans la vraie vie comme on dit, un vrai Huit et demi . Il commencera un film avec Marcello Mastroianni, Il viaggio di G. Mastorno, qu'il ne terminera jamais.

Sur le site de Media Resources Center de l'Université de Berkeley en Californie, on peut trouver une liste exhaustive de films traitant de cinéma ou de Hollywood. On y retrouve un autre de mes préférés : Living in Oblivion de Tom DiCillo qui traite de la difficulté de la vie d'un réalisateur dans le milieu du cinéma indépendant.

Oscars 1964 : meilleur film étranger et meilleur costume
Évaluation IMDB : 8,1 sur 10 par 41 669 votants.
Au 200ème rang des meilleurs films de tous les temps selon les votants de IMDB
Toutes les informations sur le film sur IMDB
Visionné, la première fois, en 1969 à la télévision à Québec
Mon 46ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider

dimanche 5 août 2007

45. Godard : À bout de souffle

1001 films de Schneider : À bout de souffle
Dans la liste des 1000 meilleurs films du 20ème siècle


Film français réalisé en 1959 par Jean-Luc Godard (1930)
Avec Jean-Paul Belmondo et Jean Seberg.

Cette photo n'est pas qu'une photo, c'est l'emblème d'une révolution : la "Nouvelle Vague". Il faut voir et entendre Jean Seberg au milieu des Champs-Élysées crier : New York Herald Tribune. Un vrai direct au coeur.
Bergman et Antonioni viennent de mourir, le même jour, le 30 juillet 2007; une partie de mes plus grandes expériences émotionnelles de cinéma meurt un peu avec eux. Bergman et Antonioni, ce sont des dizaines de soirées passées dans les années 60 à regarder leurs films sur le petit écran en noir et blanc au ciné-club de Radio-Canada.
Revenons à Godard qui casse carrément la baraque du "cinéma-de-papa" en nous jetant à la figure ce polar de série B revu et corrigé par les 2 jeunes loups de la Nouvelle Vague (Truffaut a collaboré au scénario). Un film qui n'a pas pris une ride si on peut oublier les tics de Belmondo dont le narcissisme est à la limite du supportable.
La longue séquence dans la chambre d'hôtel entre Belmondo et Seberg est d'une telle nouveauté que les spectateurs qui avaient été attirés par cette histoire de voleur ont dû en être restés complètement abasourdis.
Nouvelle Vague : terme inventé par la journaliste Françoise Giroud dans l'Express du 3 octobre 1957 mais appliqué au cinéma par Pierre Billard, en février 1958, dans un article de la revue Cinéma 58.
À bout de souffle est le troisième film de la "Nouvelle vague" après Le beau Serge de Claude Chabrol (1958) et Les 400 coups de François Truffaut (1959).
Autres réalisateurs associés à cette école : Jacques Rivette, Éric Rohmer, Jacques Doniol-Valcroze et Alain Resnais. On ne peut pas séparer la Nouvelle Vague de la revue Les Cahiers du cinéma où la plupart des réalisateurs de cette école ont été critiques dans les années 1950.
Dès leur premier film, il ne peuvent résister à y inclure des tonnes de références cinéphiliques. Godard s'en donne à coeur joie : on y voit un numéro des Cahiers du cinéma, Humphrey Bogart, une affiche de Hiroshima, mon amour, une séquence du film Westbound de Budd Boetticher (6,7/10 sur IMDB) vue par Belmondo et Seberg. De plus, Godard invite une bonne partie de sa gang des Cahiers ainsi que lui-même à figurer dans le film.
Ce film est un assemblage réussi de cartes postales de Paris. Tous les lieux communs du "Gay Paree" y sont rassemblés : décevant. Je préfère, de loin, le Paris présenté par Truffaut dans Les 400 coups; triste, gris, collé à la vie quotidienne.
Jean Seberg, restera à jamais associée à la naissance de la
Nouvelle Vague par l'entremise du film de Godard. Elle ne réussira jamais à atteindre à nouveau une telle prestation pendant le reste de sa carrière qui sera complètement charcutée par des problèmes avec le F.B.I., des échecs matrimoniaux, le décès de sa fille à la naissance, l'alcool et les barbituriques. Elle se suicidera ou sera assassinée en 1978 (le mystère perdure). Elle avait 40 ans.
En 1983, Jim McBride a fait un remake de À bout de souffle,
Breathless, avec Richard Gere et Valerie Kaprisky. Je n'ai pas vu ce film. Que Dieu m'en protège; j'ai tellement horreur des remakes à la sauce américaine. 4149 votants de IMDB lui ont donné 5,4/10. Merci à vous tous de confirmer ma phobie des remakes.
Pendant une grande partie des années 60, Belmondo fut mon acteur préféré. Son ego surdimensionné faisait mon admiration, moi dont l'adolescence était plutôt timorée et ombrageuse.
Berlin de 1960 : Meilleur réalisateur
Prix Jean-Vigo en 1960 : Meilleur film
Évaluation IMDB : 7,9 sur 10 par 28 367 votants
Toutes les informations sur le film sur IMDB
Visionné, la première fois, à la télévision à Québec, en 1969
Mon 45ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider

dimanche 29 juillet 2007

44. Becker : Le trou

1001 films : Le trou
Dans la liste des 1000 meilleurs films du 20ème siècle

Film français réalisé en 1960 par Jacques Becker (1906-1960)
Avec Michel Constantin, Philippe Leroy (1er sur la photo), Jean Keraudy (2ème sur la photo), Raymond Meunier et Marc Michel.

Jacques Becker ne verra jamais le plus célèbre de ses films, celui qui aura le mieux résisté au temps. Il mourra durant la période de montage. Parmi les films traitant de l'évasion de prison, Le trou demeurera toujours un grand classique. Deux éléments constituent la force de ce film : l'utilisation d'acteurs non-professionnels dont un véritable ex-prisonnier qui raconte sa propre histoire et la lenteur de l'action qui asseoit toute la crédibilité du film.
Par ailleurs, l'humanisme bon-enfant des rapports entre les détenus et de ceux-ci avec leurs gardiens est à des années-lumières de la brutalité et de l'horreur de la vraie vie en milieu carcéral que des films comme The Shawshank Redemption ont si bien rendu.
Étude à faire : la présence de la bouffe dans les films français. Même dans un film concernant la préparation d'une évasion de prison, on réussit à y parler avec émotion de saucissons, d'andouillettes et de gâteaux de riz.
Ce film est tiré d'un roman de José Giovanni, Le trou, qui relate l'histoire de sa propre tentative d'évasion de la prison de la Santé à Paris en 1947. Jean Kéraudy, le meneur des travaux qui doivent mener à l'évasion, fut un ancien compagnon de cellule de Giovanni. Kéraudy, dont la prestation sera mémorable d'authenticité, ne jouera dans aucun autre film, contrairement à ses 4 compagnons de cellule qu'on retrouvera dans plus de 300 autres films; la carrière la plus prolifique étant celle de Philippe Leroy qui jouera dans 162 autres films après Le trou.

Présence de Dominique Zardi (décédé en 2009), le plus célèbre des figurants français . Impossible de voir un film de la Nouvelle Vague française sans entrevoir
quelque part la tronche de Zardi dans un rôle muet ou presque.
Sur Internet Movie Database, on crédite Zardi de 307 figurations
(des fans parlent même de 500 figurations). Tiens, un nouveau défi à relever : voir tous les films de Zardi (il est malade, le type!).

Évaluation IMDB : 8,4 sur 10 pour 4594  votants
Toutes les informations sur le film sur IMDB.
Visionné, la première fois, à la télévision à Québec en 1969
Mon 44ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider

vendredi 29 juin 2007

43. Bresson : Au hasard Balthazar

1001 films de Schneider : Au hasard Balthazar
Dans la liste des 1000 meilleurs films du 20ème siècle: Top 100

Film français réalisé en 1966 par Robert Bresson (1901-1999)
Avec Anne Wiazemsky, François Lafarge, Philippe Asselin, Nathalie Joyaut.

Comme d'habitude, tous les acteurs du film de Bresson sont des non-professionnels et sont à leur première présence à l'écran. De plus, pendant toute la durée du tournage, les interprètes n'ont pas accès aux rushes afin d'éviter toute corruption de leur prestation.
Bresson s'oppose à l'emploi de comédiens professionnels parce qu'il veut éviter de faire du théâtre filmé. Il croit que ses interprètes sont plus proches de la vie que des comédiens professionnels qui ont appris à imiter la vie. En ce sens, l'âne est finalement le meilleur interprète.
À charge pour le spectateur de s'habituer aux répliques froides et automatiques de ses interprètes. Ce théâtre déclamé est insupportable. On a l'impression d'assister au spectacle de fin d'année d'une troupe d'étudiants. Mais, progressivement, on se laisse prendre par cette interprétation brutale. La magie opère et Bresson nous fait oublier qu'il y a une caméra et des techniciens. Nous sommes de plein pied dans la vie des personnages.
Au hasard Balthazar, c'est l'histoire, en parallèle, de deux destinées marquées par la méchanceté du monde : Marie (Anne Wiazemsky) et Balthazar (l'âne).
Godard qui, la plupart du temps, me tombe royalement sur les nerfs quand il est interviewé, touche au coeur du film lorsqu'il dit que Au hasard Balthazar, c'est tout le mal du monde ressenti avec une douceur évangélique à travers l'âne Balthazar.
Moment de sainteté : l'échange de regards entre Balthazar et des animaux de cirque en cage, un tigre, un ours blanc et un chimpanzé.
Anne Wiazemsky : Contrairement aux autres interprètes qui n'auront pas de carrière cinématographique, Anne Wiazemsky tournera dans 42 autres films. Une performance inoubliable dans La Chinoise de Jean-Luc Godard. Elle arrêtera sa carrière de comédienne en 1988 pour se dédier à l'écriture. Petite-fille de François Mauriac, elle écrira 7 romans à partir de 1989.
Festival de Venise 1966: Prix de l'Organisation Catholique Internationale du Cinéma (OCIC) à Robert Bresson.
Évaluation IMDB : 7,9 sur 10 pour 5992 votants
Toutes les informations sur le film sur IMDB
Visionné, la première fois, au cinéma à Québec en 1969
Mon 43ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider

lundi 18 juin 2007

42. Ford : The Quiet Man

1001 films : The Quiet Man
Titre français : L'homme tranquille
Film américain réalisé en 1952 par John Ford (1894-1973)
Avec John Wayne, Maureen O'Hara, Barry Fitzgerald, Ward Bond et Victor McLaglen

Il n'est pas nécessaire d'avoir suivi le cours Féminisme 101 pour hurler à la manière dont le puissant et réfléchi Sean Thorton (John Wayne) traite l'insensée Mary Kate Danaher (Maureen O'Hara). On y retrouve le classique Non qui veut dire Oui de la femme qui ignore ses vrais désirs et la force brutale du mâle qui traîne (au sens propre) sa femelle jusque dans sa tanière.
Les paysages irlandais sont un délice. Mais pourquoi fallait-il donc les entrecoupés de scènes tournées dans des décors d'un kitsch désolant.
Notez le nombre de fois que John Wayne jette sa cigarette à peine entamée dans ses moments d'intenses réflexions. C'est le signal de l'arrivée d'une idée dans ce grand désert qui lui sert de cerveau.
Une pièce de dialogue :"He'll regret it till his dying day, if ever he lives that long."
De l'autenthique Yogi Berra avant son ère.
1969 : j'ai vu 21 films de la liste des 1001 films, cette année-là.

Oscar 1953 :  John Ford pour la direction et Oscar pour la meilleure cinématographie en couleurs à Winton C. Hoch et Archie Stout
Venise 1952 : Deux prix remportés par John Ford
Évaluation IMDB : 7,9 sur 10 pour 16 916 votants
Toutes les informations sur le film sur IMDB
Visionné, la première fois, en 1969 à la télévision, à Québec
Mon 42ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider